D. R.
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Katim Alaoui, pour l’amour de l’arganÀ 47 ans, cette pharmacologue marocaine rêve de voir les arganiers de son pays protégés de la cupidité des hommes. Convaincue du trésor qu’est leur huile pour la santé et l’économie de son pays, elle assume avec passion son rôle à la tête de la Fondation Mohammed VI pour la recherche et la sauvegarde de l’arganier.Elle a toujours eu un flacon d’huile d’argan à la maison. Que sa famille utilisait en cuisine, pour ses propriétés contre le cholestérol, notamment, mais aussi en huile de massage ou comme médicament naturel. « C’est un excellent anti-inflammatoire, explique Katim Alaoui. Les gens l’utilisent aussi comme cicatrisant, contre les traces laissées par les boutons de varicelle par exemple. » Sa voix est douce. Son flot de paroles, sans temps mort. Elle connaît parfaitement son sujet. Qui la passionnait bien avant que la mode de l’argan ne touche les beauty expertes de la planète. Professeure à la faculté de pharmacie de Rabat depuis dix-huit ans, Katim préfère de loin les secrets des plantes aux froides substances chimiques. Une proximité avec la nature qu’elle explique peut-être par ses années passées dans les montagnes d’Ifrane, dans la région de Fès. « J’ai grandi à différents endroits du royaume à cause de la fonction de mon père, qui était préfet », confie-t-elle. Elle poursuit ses études de pharmacie à Bordeaux, avant de rentrer à Rabat et de se lancer, il y a quinze ans, dans un travail de recherche sur les plantes médicinales marocaines. Elle avoue d’ailleurs regretter de ne pouvoir enseigner la phytothérapie. Mais avec les arganiers, quelque chose de plus se passe. « Le volet socioéconomique et écologique s’est rajouté au côté thérapeutique, jusqu’à devenir une priorité au nom des trois millions de Marocains qui en vivent », analyse-t-elle. En 2004, elle prend la tête de la Fondation Mohammed VI pour la recherche et la sauvegarde de l’arganier : « C’est une chance de se réveiller chaque jour avec ce combat passionnant à mener. » Elle lui consacre sans compter tout son temps libre : « Le siège de la fondation se trouve à la faculté. Alors, dès que mes étudiants veulent me voir, ils savent qu’ils vont me trouver ici, en pleine discussion avec une femme d’une coopérative. » |